A chaque démission à la tête du FMI ou de la Banque mondiale (et elles ont tendance à se multiplier : Köhler en 2004, Wolfowitz en 2007, Rato en 2007), se pose la question de la fameuse règle tacite qui accorde aux Etats-Unis la présidence de la Banque mondiale et à l’Union européenne la direction du FMI.
Aucun texte écrit ne confirme cette règle intolérable qui s’applique pourtant dans les faits depuis la création de ces deux institutions jumelles en 1944. Lors des discussions ayant conduit à la nomination de Robert Zoellick à la tête de la Banque mondiale en mai dernier, il est de notoriété publique que le principe de cette scandaleuse répartition des postes a été reconduit.
C’est ainsi que la candidature de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI, présentée par l’Union européenne, a toutes les chances d’être acceptée, même si des noms issus d’autres continents peuvent être avancés pour faire diversion. L’Union européenne a d’ailleurs réagi avec une grande rapidité et proposé un nom à l’unanimité dans un délai record, afin de ne pas prêter le flanc aux critiques sur ce mode de désignation antidémocratique.