Aujourd’hui dans Affaires Sensibles, la disparition des maternités de France : En cinquante ans, la France a vu disparaître les trois-quarts de ses maternités. En 1972, on compte 1747 structures qui pratiquent l’accouchement. Elles ne sont plus que 464 en 2022.
Avec Lucie Castets, économiste, co-porte-parole du collectif "Nos services publics" et haute fonctionnaire
Le mouvement de médicalisation de la grossesse et de l’accouchement, imprimé en 1972, a permis de sauver des milliers de vie. Au fil des fermetures des toutes petites maternités, des accidents tragiques ont pu être évités.
Mais les normes de sécurité ne se sont pas la seule raison qui explique cette disparition des lieux d’accouchement. Les structures ferment aussi sous des impératifs budgétaires ou parce qu’il manque cruellement en France de gynécologues-obstétriciens et de sages-femmes.
Pour les régions rurales, la disparition de la maternité signe l’extinction des services publics de santé. Vient alors l’angoisse de donner la vie sur le bord d’une route, avec les risques, là aussi, que comportent ces accouchements dits « inopinés ».
Les protestations des habitants et des élus, toujours vigoureuses, n’inversent pas la tendance.
Encore tout récemment, en 2023, le rapport d’un collège de gynécologues-obstétriciens, rendu à l’Académie de médecine, préconisait la fin des accouchements dans les structures n’en pratiquant pas, au minimum, 1 000 par an. Le mouvement de concentration des maternités n’est peut-être pas terminé.
Un récit documentaire de Sylvie Fagnart